Pourquoi je n'aime pas mon corps?

  • 01 Juin 2020

 

 

 

Nous les femmes, nous dépensons du temps et de l'énergie à faire la guerre à notre corps. Nous regardons des photos qui datent de quelques années en soupirant: "Je veux retrouver mon corps d'avant!" surtout quand on est maman. 

Et si on faisait un coup de zoom sur les raisons psychologiques qui nous empêchent d'aimer notre corps tel qu'il est?

 

Le miroir n’est plus mon ami

 

Flavie ne s’aime pas. Elle ne peut pas se voir dans un miroir, et chaque matin, elle a les mêmes pensées moroses en tête. Elle ne se trouve pas bien, elle ne supporte pas son physique. Elle choisit vite fait un vêtement qui va masquer un maximum ses formes, et elle file au boulot. Flavie aimerait beaucoup rencontrer quelqu’un, seulement voilà… avec le corps qu’elle a, elle est persuadée que c’est cuit.

Comme Flavie, nous sommes de nombreuses femmes à avoir du mal à s’aimer. Quand on interroge les femmes dans la rue à propos de ce qu’elles pensent de leur corps, les réponses sont surprenantes:

  • “dégoûtant”

  • “Je ne l’aime pas tel qu’il est maintenant”

  • “Je préférerais être dans un autre corps”

Et bien sûr quand on est mal dans sa peau, hop! On met tout sur le dos du physique et on se dit que dès qu’il aura changé, tout ira mieux. Erreur.

En même temps, avec tout le jugement ambiant sur notre apparence, que ce soit de la part de nos proches, de nos collègues ou des médias, pas facile de ne pas se sentir rabaissée pour son physique.

 

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Trop sévères?

 

Vous ne croyez pas que notre corps a quand même bon dos? 

Figurez-vous que ce n’est peut-être pas lui qui pose problème, mais bien ce qu’il y a un peu plus haut, dans notre tête. Voire même dans nos yeux et nos oreilles!

 

Je me vois dans tes yeux

 

En 1902, le sociologue Charles H. Cooley introduit l’effet de miroir social (looking glass self). Le principe est le suivant:

  • je me vois dans le regard de l’autre

  • l'autre me renvoie des indications par son comportement, ses paroles 

  • j'interprète ces indications pour savoir l’opinion que l’autre a de moi

  • j'intériorise, j’intègre, j’absorbe ce que j’ai traduit comme un indicateur de ma valeur et je le prend comme vérité absolue: ce qu’on pense de moi, c’est ce que je suis. Ou du moins, c’est ce que je crois, à un moment donné.

Simple non?

Seulement il y a deux petits problèmes dans cette façon de se voir.

 

  1. Nous faisons trop de suppositions!

La notion du miroir social indique que vous allez baser votre opinion sur ce que vous croyez que les autres pensent de vous: vous êtes sûre qu’ils vous voient comme trop grosse, trop plate, trop petite… mais savez-vous ce qu’ils pensent vraiment?

Quand on est mal dans sa peau, on a tendance à voir le monde en noir et blanc (surtout en noir) : on a souvent une mauvaise image de soi, et on tend à voir dans les yeux de l’autre ce qu’on veut bien voir! C’est à dire ce qui va confirmer ce qu’on pense déjà. On se dit: “ah je le savais, il me voit comme X ou Y”. 

Le moindre signe représente une preuve. Un peu comme quand vous êtes persuadée d’être malchanceuse: la moindre tartine qui tombe par terre au petit dej, et vous avez la preuve formelle que vous avez la poisse depuis toujours, et que vous êtes maudite à vie. 

C’est pareil avec la façon dont nous nous voyons dans les yeux des autres. 

Des études très intéressantes en psychologie ont démontré que nous portons un jugement très sévère sur nous. Nous pensons que les autres en font de même, alors que quand on leur demande vraiment leur opinion, ça n’a rien à voir. 

 

Regardez la nuance entre les propositions ci-dessous:

Mon homme ne me regarde pas comme avant = mon corps a changé et ça le déçoit”

ou 

Ton homme te voit déprimée, alors qu’il t’a toujours connue joyeuse, donc il ne comprend  pas et ça le rend un peu distant?

 

“Personne ne s’intéresse à moi = mon physique n’est pas désirable”. 

ou

Vu que tu es persuadée que ton physique est un problème, tu te caches dans des vêtements informes et tristes et tu te rends transparente aux yeux des autres, volontairement?


 

  1. Notre valeur dépend trop des autres!

C’est indéniable, notre estime de nous, l’opinion que nous avons de nous-mêmes est liée à l’image que les autres nous renvoient (à condition de bien comprendre ce qu’ils pensent et pas interpréter selon nos propres avis!).

L’homme est un animal social, nous sommes tous interdépendants, aussi, être accepté et validé par nos pairs reste important pour nous tous.

Mais attention toutefois à l’importance que l’on accorde au regard des autres sur nous, surtout quand il s’agit de notre physique. Parfois, intérioriser ce qu’ils pensent et le prendre personnellement n’est pas bénéfique.

 

Revenons un peu à Flavie.

Elle se rend finalement compte que sa relation avec ses parents ne l’a pas beaucoup aidée à s’aimer. Elle a toujours eu droit à des remarques, en particulier sur son physique. Elle n’était jamais assez élégante, jamais assez bien coiffée ou bien habillée à leur goût, et c’est tout ce qui comptait, elle n’avait pas spécialement d’encouragements qui l’aidaient à se valoriser par autre chose. Cela ne veut pas dire que son corps a un problème, c’est surtout que ses parents ne savaient pas comment gérer la relation avec leur fille et ont pu se montrer très critique, comme cela arrive parfois.

 

Flavie a fini par intérioriser ce jugement de valeur à partir de son physique, et maintenant elle considère son corps comme la cause de tous ses maux. Elle a pris les critiques incessantes de ses parents pour vraies et a bâti son opinion d’elle-même dessus.

 

De la même manière vos enfants entendent vos remarques et les intériorisent. Les conséquences sur leur confiance en eux peuvent vraiment être surprenantes. Autant faire en sorte que ce soient des remarques qui les encouragent à progresser. 

Et c’est la même chose pour nous : arrêtons de nous nous répéter à longueur de journée que nous ne nous aimons pas. 


 

Rappelez-vous ceci: 

  • être bien dans votre peau et bien dans votre corps est surtout une question d’estime de soi. Pas de taille de vêtement, et pas de ce que pensent vos parents.

  • votre estime de vous dépend de beaucoup de facteurs, et vous pouvez agir sur plusieurs d’entre eux pour aller de mieux en mieux sans compter sur la validation absolue de votre entourage. Apprendre à vous aimer, vous pouvez le faire seule, et ça peut vous apporter beaucoup de liberté.

Voyons cela tout de suite.


Faire la paix avec son corps
 

 

1 - Arrêtons un peu de se mettre la pression

 

William James, célèbre psychologue américain, est considéré comme le père du concept d’estime de soi (1890, 1892). Il la définit comme la conscience de notre propre valeur.

James explique que la différence entre ce que je suis actuellement et ce à quoi j’aspire joue un rôle primordial dans notre estime de nous, puis dans notre confiance en nous, qui est très liée.

 

Prenons un exemple: 

 

Si vous aussi vous regardez vos anciennes photos de vacances en soupirant, et en vous disant “rendez-moi ce coooorps”, alors ce qui suit est pour vous. 

Vous aspirez à un corps qui n’est pas le vôtre actuellement, et qui est peut être éloigné du vôtre.

Selon la théorie de James, l’écart entre votre aspiration et votre situation se creuse, et ça vous rend malheureuse.

  • vous vous sentez impuissante et fatiguée

  • vous avez du mal à apprécier votre progression et votre objectif semble s’éloigner

  • vous avez du mal à imaginer être bien telle que vous êtes, maintenant, tout de suite

 

Que faire alors?

Le psychiatre Christophe André nous le rappelle sans cesse:

“On ne change correctement [...], que sur une base d’acceptation de soi, de son corps, de ses erreurs, de ses limites.”

Vous voulez votre corps d’avant, ça peut se comprendre. Toutes les femmes le veulent, mais seules 38% des jeunes mamans le retrouvent naturellement. C’est moins de la moitié, cela veut donc dire que ce n’est pas la norme! Pour arrêter de souffrir et de remettre votre bonheur à plus tard apprenez à vous accepter telle que vous êtes :

  • en vous regardant fréquemment, en vous touchant, en prenant conscience que c’est vous dans ce corps, que c’est votre véhicule actuel et qu’il fonctionne! Par exemple, passer de la crème hydratante devant le miroir tous les jours ou faire des gommages du corps est un bon début.On peut même en faire un petit rituel d’acceptation et d’amour de soi, en se disant des parole bienveillantes.

  • en prenant soin de vous: vous méritez d’être chouchoutée vous aussi, sans attendre. Recommencez progressivement à faire des choses qui vous font du bien, comme vous faire belle, prendre un bain chaud, danser. 

 

Dans le film Tully, l’héroïne incarnée par Charlize Theron est épuisée et tendue, elle vient de mettre au monde son 3ème enfant totalement inattendu. Après des semaines de dur labeur, elle finit par s’accorder un bain moussant pendant que sa fille aînée lui fait un shampoing et un massage de la tête. C’est une scène qui surprend, mais ce moment de détente et de complicité entre mère et fille lui fait un bien fou. 


 

2 - Ne soyons pas si dures

L’écrivain et homme politique André Malraux a dit “Juger, c’est ne pas comprendre”.

Certes, les personnes de notre entourage se permettent parfois des commentaires dont on se passerait bien, je vous l’accorde! Et nous, on ne manque pas d’intérioriser ces remarques qui continuent de nous faire souffrir. 

Malheureusement, nous prenons le relais, et nous branchons la “radio critique” en boucle dans notre tête, avec les chansons des critiques qui nous ont blessées.

 

En plus, nous avons tendance à exagérer cette critique, à l’amplifier, à augmenter le volume. Nous sommes donc des juges très sévères de nous-mêmes, surtout nous les femmes. Et ça ne nous aide pas à aller mieux. 

Comme nous l’avons vu, Flavie a intériorisé le discours parental, un discours qui l’a conduite à ne jamais être satisfaite d’elle-même.

 

Que faire alors?

  • recommencer à s’exposer : ça semble contre-intuitif, mais le fait de nous isoler ne nous aide pas. Il donne raison à la voix intérieure qui nous critique et nous invite à nous cacher. Hors de question de la laisser avoir raison de notre bien-être! Si vous avez l’impression de vous isoler, recommencez progressivement à sortir, à voir du monde. Oui, vous allez être plus exposée aux jugements, mais c’est l’occasion de réaliser que tout le monde n’est pas focalisé sur vos défauts, et que vous êtes appréciée pour tout autre chose.Vous n’êtes pas qu’un corps.

 

  • Changer doucement de regard sur vous: c’est à dire porter un regard plus positif sur vous-même. Pour cela, je vous propose 3 choses simples: des vêtements dans lesquels vous sous sentez belle, des pensées positives pour remplacer les négatives, et de la patience! 

 

De nombreux amateurs de développement personnel utilisent ce petit truc: écrire une phrase qui vous évoque l’acceptation, l’amour de soi ou la confiance en soi, et la lire chaque matin au réveil. Pourquoi ne pas tester?

 

En plus, les deux premiers exercices vont de pair: plus vous allez prendre soin de vous, être soigneuse dans le choix de vos tenues, plus cela vous fera du bien et plus le miroir redeviendra votre ami. Ensuite, plus vous recommencerez à vous apprêter, plus vous aurez à nouveau envie de sortir! Et pour finir, quand vous sortirez, vous vous rendrez compte que les autres ne vous voient pas comme un tas de défauts. 

 

En conclusion?

 

Si vous avez un jugement sévère envers votre corps, le but va être de redevenir une amie pour vous-même. Est-ce que vous vous imaginez traiter votre meilleure amie de grosse baleine ou de planche à pain? Bien sûr que non! Si ça ne se dit pas pour elle, si ça peut lui faire de la peine, ça vous en fait aussi.

Plus votre jugement envers vous-même s’améliore, plus le jugement des autres s’améliore aussi, car le plus souvent, les gens vous renvoient l’image que vous avez de vous-même. 

Ma mission avec Beauté confiante, c’est d’aider les femmes à s’aimer de nouveau en travaillant sur l’image qu’elles ont d’elles-mêmes dans le miroir, avant de penser à ce que pensent les autres.

Pensez à vous sentir bien et à aller bien, vraiment, avant de vouloir plaire à qui que ce soit!


 

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